Mobilité

Contexte

Les transports routiers, responsables d’une consommation importante d’énergie, provoquent de nombreux problèmes : augmentation des émissions de gaz à effet de serre, pollution de l’air, nuisances sonores, problèmes de santé, stress, etc. L’usage de modes de déplacement alternatifs doit être envisagé. Paradoxalement, ce trafic automobile croissant sans cesse, répond de moins en moins aux besoins de mobilité par la congestion des voies de circulation, les accidents qu’il provoque, etc.

La prise de conscience de ces divers effets néfastes, conjuguées à la croissance démographique et les projections de concentration croissante des populations dans les agglomérations urbaines mettent cette manière de se déplacer en question et invitent à projeter une mobilité plus durable. Sans remettre en question l’utilité de la voiture pour certains déplacements, il est possible de revoir nos habitudes en matière de mobilité.

Implantation

 

 

Le projet

Nous voulions ce projet exemplaire en terme de mobilité et éviter que les bureaux contribuent à cette congestion routière. Le bâtiment, qui participe à la densification urbaine, est correctement situé en matière d’accessibilité que ce soit à pied du centre-ville ou par des moyens de transports alternatifs : la nouvelle gare de Mons se situe à 15 minutes à pied (1,5 km), l’arrêt de bus le plus proche se trouve à moins de 50m et on en trouve de nombreux autres dans un rayon de 200m.

Selon autorisation, un parking vélo extérieur sera aménagé afin de promouvoir ce mode de déplacement.

Une borne de recharge pour véhicule électrique sera également installée à l’avant du bâtiment (sous réserve d’autorisation des autorités compétentes), elle sera la seconde borne de recharge dans la région de Mons. Elle sera libre d’accès : n’importe quel automobiliste pourra y arrêter son véhicule, le raccorder et profiter ainsi d’une énergie gratuite puisque offerte par les panneaux solaires installés sur le bâtiment. 

Enfin, ce bâtiment a également été choisi pour son implantation proche de nombreux services et équipements. Dans un rayon de moins de 300m, on trouve notamment un commerce, une épicerie, une pharmacie, un restaurant, etc.

 

Enjeux 

La mobilité conditionne l’évolution environnementale, économique et sociale de la ville et, bien entendu, le cadre et la qualité de vie des habitants et des usagers de cette ville. Toute action en matière d’aménagement du territoire, d’urbanisme, d’environnement, de développement économique, d’emploi, de logement, de politique sociale influence le domaine de la mobilité. Tout projet durable doit donc mettre prioritairement en œuvre des solutions alternatives à l’automobile individuelle, de manière à favoriser une mobilité multiforme.

 

Problèmes de santé

Les transports basés sur les énergies fossiles contribuent en partie à la pollution de l’air en rejetant des polluants générateurs notamment de problèmes respiratoires. De plus, l’utilisation abusive de la voiture associée à trop peu d’activités physiques contribue aux soucis de surpoids, aux risques de maladies cardiovasculaires, etc.

 

Nuisances

Outre les nuisances déjà citées auparavant, près d’un bâtiment de logements sur quatre est exposé à un niveau de bruit très inconfortable à cause du trafic automobile. Ceci n’est pas sans conséquences sur la santé des habitants : stress, insomnies, troubles auditifs, difficultés de concentration, etc.

 

La mobilité active en général

Le concept de mobilité active englobe tous les modes de déplacement ne nécessitant pas d’apport d’énergie autre qu’humaine (marche à pied, vélo, rollers, trottinettes, etc.). Pour favoriser le développement d’une ville durable, il est essentiel d’augmenter le recours à ces moyens de déplacement, afin que la mobilité active devienne un troisième pilier aux côtés des transports individuels motorisés et des transports publics.

Cette mobilité active recèle un certain potentiel. Ces modes de déplacements contribuent à l’amélioration du système des transports et à la réduction de la pollution. De plus, ils permettent de limiter les dépenses occasionnées par l’usage de la voiture et de profiter différemment de son environnement quotidien. Ils participent en effet au développement de la convivialité dans l’espace public, aux échanges sociaux, à la qualité de l’ambiance piétonne, etc. Les déplacements doux favorisent en outre le commerce de proximité. Enfin, ils sont également bénéfiques pour la santé de ceux qui les pratiquent.

Pour favoriser la mobilité active, il est indispensable que le bâti soutienne le développement de ces différents modes de déplacement. L’environnement physique dans lequel s’inscrit le bâtiment doit favoriser la mobilité active par une qualité du bâti et de la ville, un sentiment de sécurité et de confort sur les parcours, etc. Le bâtiment lui-même doit également offrir les infrastructures nécessaires à ces modes de déplacement (espaces de rangements, cohérence des cheminements et accès, etc.).

C’est pourquoi un parking vélo sera aménagé en face du bâtiment, sous réserve d’autorisation.

 

Le vélo

Un des principaux piliers de la mobilité active est le vélo. Pour le développement d’une ville durable, il est essentiel d’assurer le confort et la sécurité des déplacements cyclistes. En effet, le vélo représente un moyen de déplacement rapide en ville et économique.

 

Densifier la ville

Pour favoriser les modes de déplacement actifs, le choix de l’implantation du bâtiment joue un rôle primordial. La proximité et la diversité des différentes fonctions (logement, commerces, bureaux, etc.) dans l’environnement proche et l’accessibilité en transport en commun du site sont deux aspects essentiels de la démarche.

L’avènement, dans les années 60, d’une politique urbaine favorisant l’étalement urbain et la construction de quartiers monofonctionnels a induit le développement d’un mode de vie de plus en plus dépendant de la voiture. En conséquence, le nombre de déplacements motorisés n’a cessé d’augmenter et une place de plus en plus importante a été laissée à la voiture dans l’aménagement de l’espace privé et public.

Cette vision de l’urbanisme ayant montré ses limites, une autre approche est actuellement mise en œuvre par les pouvoirs publics, elle vise, petit à petit, à libérer de la place pour les modes de déplacement actif et à favoriser la réappropriation de l’espace public par les usagers faibles.

Les activités de proximité et la réappropriation de la ville par les habitants jouent un rôle important dans l’activation des espaces publics et favorisent le sentiment de sécurité et de qualité de vie qui se dégage d’un quartier ou d’une ville.

Distance maison - serviceCes modes de déplacement actif constituent une alternative sûre, durable et crédible au recours à la voiture individuelle s’ils sont intégrés de manière adéquate dans un projet de ville, mais également au niveau des projets individuels, en particulier dans les zones à forte densité de population.

Le bâtiment durable doit mettre en place les conditions qui favorisent et incitent les habitants à modifier leurs habitudes en matière de mobilité.


Ce schéma illustre la distance, entre le domicile et un service, favorable aux déplacements actifs. En effet, le choix de la localisation d’un bâtiment à proximité ou non d’équipements et services influe sur les possibilités de déplacements actifs. Il est couramment admis qu’une distance supérieure à environ 800m devient dissuasive pour le piéton. Cette distance correspond à une durée d’environ 10 minutes à pied. Ce principe général doit cependant être nuancé en fonction du type d’équipement ou de transport en commun à atteindre.

Ce bâtiment a été choisi en particulier car il participe à la densification urbaine. Il nous semblait judicieux de le choisir proche de nombreuses commodités plutôt que de nous installer dans un zoning ou en périphérie de ville.  

 

 

 

La voiture, le « dernier recours »

Changer nos habitudes de déplacement, c’est mettre prioritairement en œuvre des solutions alternatives à l’automobile, de manière à favoriser une mobilité multiforme. Il faut encourager une utilisation rationnelle de la voiture, en favorisant des usages innovants comme la voiture partagée ou le taxi collectif. Les modes de déplacements actifs sont également à favoriser en tant qu’alternative à la voiture, en particulier sur les petites distances.

Sachant que le premier kilomètre parcouru en voiture est le plus polluant, la baisse des trajets courts en voiture diminue de façon conséquente la pollution atmosphérique et les émissions de gaz à effet de serre.

Le covoiturage, les taxis partagés, etc. permettent aussi de réduire les charges financières liées à la mobilité (achat, fonctionnement, stationnement, risques, etc.) et de faire des économies de dépenses publiques pour la mobilité (voiries, entretien, santé publique, congestion et productivité, etc.). De plus, en réduisant le nombre de véhicules à moteur (hors véhicules électriques), on réduit le bruit ambiant.

C’est la raison pour laquelle nous souhaitons installer une borne de recharge électrique en face du bâtiment. Les futurs véhicules électriques de la société seront partagés par les personnes y travaillant.

 

Sources

« Guide bâtiment durable » de Bruxelles Environnement)

(Bruxelles Environnement, 2007)

http://mobilite.reseauecoleetnature.org

Figure : Proximité des équipements, R. ROGERS (1999), Towards an urban renaissance, London, Spon Press, p.31

Mobilité douce

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